INTERVIEW : Enfin ! Madame SITTOU RAGHADAT, Ancienne Ministre des Comores, sort de son silence

« L'unité de notre pays est naturelle et ancestrale. Contrairement à ce qu'on veut nous faire croire ce n'est pas l'ancienne puissance colonisatrice qui l'a faite.»

Beaucoup de gens se posaient des questions sur le silence de Madame Sittou Raghadat Mohamed, Ancienne Ministre des Comores, depuis l'intervention militaire de l'AND et de ses alliés à Anjouan. Ça y est. C'est fini. Dans cette interview qu'elle vient de nous accorder, elle fait part de ses points de vue sur plusieurs sujets d'actualité (l'intervention militaire d'Anjouan, la question de Mayotte, la révision constitutionnelle...)


HALIDI-BLOG-COMORES (HBC) : Avec l'intervention militaire à Anjouan, Peut-on parler de la fin du séparatisme dans notre pays ?

SITTOU RAGHADAT MOHAMED (SRM) - A mon avis, c'est la fin d'une grosse bataille mais beaucoup reste à faire. Après l'euphorie de la « libération d'Anjouan » Nous devons nous attaquer aux vrais facteurs de la crise si nous voulons vraiment une solution pérenne. A titre d'exemple, il faut très rapidement mettre en place une réelle politique volontariste de la lutte contre la pauvreté, favoriser la circulation inter insulaire des comoriens et concrétiser une vraie autonomie des îles. Ce qui importe à mes yeux est la pratique et non la théorie.


HBC : On parle d'une révision constitutionnelle, est ce que le problème comorien est d'ordre constitutionnel ?


SRM : J'ai toujours combattu la constitution et le système institutionnel actuels. Car ils ont entre autres officialisé le séparatisme. Néanmoins, même si des retouches constitutionnelles me paraissent dans l'immédiat indispensables, je continue à penser qu'il est temps de finir avec cette incrimination répétitive de nos institutions en général et de la constitution en particulier, et de se préoccuper de vrais fléaux de notre pays notamment la lutte contre la pauvreté. Le débat sur la crise qui ronge notre pays ne doit pas se focaliser sur les institutions. Arrêtons d'apporter à chaque fois de fausses solutions à cette crise. Pour moi, le problème comorien est surtout d'ordre économique, social et éducatif. Or à chaque fois, les solutions préconisées sont institutionnelles et politiques. Chose que je n'arrive pas à comprendre.

Comme je l'ai déjà souligné, il faut en réalité la mise en ½uvre d'une politique volontariste de lutte contre la pauvreté. De plus, il y a un manque de cohésion sociale. Nous devons revoir, en effet, notre façon de faire, notre mode de vie, certains de nos m½urs et coutumes. Il faut, d'une part, miser sur une éducation et une sensibilisation de la population pour un changement des comportements et mentalités et, d'autre part, faire en sorte que les comoriens se fréquentent. Ces fréquentations ne doivent surtout pas être artificielles comme c'est le cas actuellement. Il est par exemple anormal qu'on ne retrouve toujours pas des fonctionnaires de l'Etat originaires de NGAZIDJA à MWALI et à NDZUWANI. Il faut élaborer des lois contraignantes si cela s'avère nécessaire pour appuyer et faciliter la cohésion sociale des comoriens. A titre d'illustration, il est inacceptable qu'un grand mariage célébré dans une île ou dans un village n'ait pas la même valeur dans une autre île ou un dans autre village. Il est aussi indispensable d'enseigner dans nos écoles, l'histoire et la culture de notre pays à nos enfants. L'éducation civique, notre histoire et notre culture doivent occuper une place importante dans nos programmes scolaires.

Enfin, je pense que les éventuelles retouches constitutionnelles ne doivent pas porter atteinte au principe de la tournante. Car en vérité c'est après le tour du Président de l'Union des Comores originaire de MWALI que l'on doit faire le bilan et tirer les conséquences du système institutionnel actuel même si je continue à croire que celui- ci est très dangereux et inapproprié chez nous.

HBC : Quelle forme juridique étatique sera viable dans notre pays : Etat unitaire, Confédéralisme, Fédéralisme... ?

SRM - Les constitutionalistes définissent l'Etat unitaire comme étant « celui dans lequel une volonté politique unique s'impose à l'ensemble des citoyens, lesquels sont par conséquent soumis aux mêmes lois en tous domaines ».

Je pense que c'est exactement ce qu'il faut chez nous. Il est aberrant de voir un petit pays comme le notre avec plusieurs constitutions, assemblées législatives et que sais-je encore.

Mais, personnellement, la qualification de la forme juridique de notre Etat m'importe peu. Ce qui m'intéresse c'est ce qu'on met dedans. Je continue, en effet, à croire – je l'avais déjà dit en 1997 dans l'émission de radio Comores « Mjumbi » - que le Comorien moyen ne maîtrise pas la subtilité des concepts juridiques de confédération, État unitaire, Fédération... ce qui compte pour lui, c'est vivre mieux et libre. Tant que la crise économique ne sera pas résolue, l'unité et la stabilité des Comores resteront fragiles. Et toutes les réformes institutionnelles n'apporteront rien.

Il nous faut un système étatique, peu importe son appellation, approprié au contexte actuel, pour préserver l'unité et l'intégrité des Comores, lutter contre le chauvinisme et permettre l'autonomie des régions et non des îles. Tous les citoyens comoriens doivent être soumis aux mêmes lois en tous domaines. C'est la raison pour laquelle nous réfutons toute idée d'une assemblée législative ou d'une constitution dans chaque île. Celui-ci doit être adapté à nos réalités locales. Autrement dit, nous devons éviter tout mimétisme institutionnel à l'aveuglette. Ce système doit aussi conserver le principe de la tournante.

Je pense qu'il faut surtout éviter tout système juridique qui légitimera cette fausse idée selon laquelle les Comores unies sont une fabrication artificielle de l'ancienne puissance colonisatrice.

A noter aussi que toute forme étatique ne peut pas être viable si les comoriens ne s'asseyent pas ensemble pour se poser avec sincérité la question suivante : Pourquoi sommes nous arrivés là aujourd'hui ?

HBC : Que pensez-vous de la sécession d'Anjouan ?

SRM - Certaines personnes ont trompé la population d'Anjouan. Elles ont exploité à des fins personnelles des revendications légitimes d'une population désespérée et désabusée.

Je ne crois pas un seul instant que la population anjouanaise voulait ou veut réellement se séparer des autres comoriens. Mais pour éviter l'extrémisme, il faut, comme je l'ai déjà souligné, lutter contre la pauvreté et la mauvaise gestion du pays et faire en sorte qu'il y ait une réelle cohésion sociale des comoriens. Quand on a faim, on perd, dès fois, ses repères et on a tendance à se faire manipuler facilement.

Aucune île ne pourra s'auto suffire. Après 11 ans de crise, le constat est là : nos îles se sont appauvries davantage et Anjouan en particulier.

HBC : pensez-vous que le problème de Mayotte a eu une influence sur la crise actuelle de notre pays ?

SRM - Bien sur. Tant que le problème de Mayotte ne sera pas réglé il y aura toujours une instabilité dans notre pays. La crise « d'Anjouan » est aussi une conséquence logique du problème épineux de Mayotte.

HBC : souhaitez-vous le retour de Mayotte dans le giron Comorien ?

SRM - C'est plutôt une question de devoir et non de souhait.
Les Comores sont un pays composé de quatre îles ayant proclamé son indépendance le 6 juillet 1975. Je suis très attachée à son unicité et à son intégrité territoriale.

Mayotte est une partie intégrante des Comores. Nous sommes un seul et même peuple ayant en commun la même langue, la même religion, la même culture, le même mode de vie, la même civilisation...même si le comorien, de nature, a tendance à faire passer le patriotisme insulaire, régional ou villageois avant l'intérêt national. L'unité de notre pays est naturelle et ancestrale. Contrairement à ce qu'on veut nous faire croire ce n'est pas l'ancienne puissance colonisatrice qui l'a faite. Nous avons le devoir de nous opposer à la spoliation d'une partie de notre terre ancestrale par qui que ce soit. C'est entre autres ce que nous devons enseigner à nos enfants dans les écoles.

HBC - Croyez-vous que c'est possible un jour ?

SRM - Bien sur que oui. Il faut juste que nos gouvernants favorisent ce retour en développant les trois autres îles et en améliorant la situation vitale des comoriens. Car, en réalité, les mahorais sont "français" comme beaucoup de comoriens des autres îles uniquement pour avoir une vie meilleure mais dans leur chair, leur sang, leur foi et leur conscience, ils sont et resteront Comoriens.

HBC - Que reste-t-il des Comores à Mayotte après 33 ans de séparation administrative ?

SRM - Je me pose plutôt la question suivante : qu'est ce qui manquerait des Comores à Mayotte ?
Pour moi, tout ce qui est profond est toujours là : l'histoire, la géographie, la couleur, la langue, la religion, les noms, les m½urs et coutumes...

Les années de colonisation n'y ont apporté que des changements artificiels. Le comorien reste et restera comorien peu importe son île d'origine.

HBC - Que pensez-vous de l'indépendance des Comores ?

SRM - C'est une bonne chose et il fallait devenir indépendant quelque soit le prix à payer. Mais c'est à nous de bien ou mal géré cette indépendance.

Nous sommes pauvres certes, mais la pauvreté n'est pas une honte. Je préfère mourir pauvre que vivre heureuse sous la domination. De plus, l'indépendance nous a beaucoup apporté contrairement à ce qu'on attend ici ou là.

HBC - Revenons maintenant à l'intervention militaire à Anjouan. Qu'est ce que vous en pensez ?

SRM - Ma position sur l'intervention militaire à Anjouan a toujours été claire. Je vous renvoie à mon point de vue intitulé « Crise anjouanaise : mettons fin à l'hypocrisie » publié dans le journal Alwatwan n°1014 du 19 au 25 octobre 2007 et dans plusieurs blogs comoriens le 19 octobre 2008 notamment le votre (Pour voir le point de vue cliquez ICI).

J'avais notamment dit ceci : « J'ai du mal à comprendre que, malgré le drame que vit la population anjouanaise (Fonctionnaires licenciés depuis plus de 8 mois, Bacheliers sacrifiés depuis des années. Droits humains bafoués, emprisonnements et tortures fréquents, fuite vers Mayotte avec les conséquences que l'on connaît, fuite vers Mohéli et Ngazidja et subir toute sortes d'humiliations,) l'on puisse hésiter pour un débarquement militaire afin de régler définitivement cette crise qui reste un danger permanent de l'existence de notre pays sous prétexte que la « guerre » est dangereuse et va tuer des innocents. Trop c'est trop. (...) N'ayons pas peur des mots et arrêtons l'hypocrisie. S'il faut intervenir militairement pour régler la crise d'Anjouan qui n'est pas en réalité un problème anjouanais mais comorien, il faut le faire sans état d'âme. C'est un moindre mal par rapport au drame que vivent quotidiennement les Comoriens d'Anjouan. C'est un moindre mal par rapport à la crise économique, social et politique que connaît notre cher pays depuis la naissance de cette crise. Le temps du balbutiement est révolu ! »

Donc aujourd'hui, je me réjouis naturellement de cette intervention militaire. Et je félicite le Président de l'Union des Comores et le chef d'Etat major de l'AND d'avoir assumé avec brio leurs responsabilités. Il était temps !

Je salue aussi la bravoure et le patriotisme dont ont fait preuve les militaires de l'AND et les militaires des pays africains qui nous ont aidés à réaliser cette opération dans de bonnes conditions. Je crois à cet adage qui dit : « quand on veut on peut ».

HBC - Pourquoi la communauté internationale a-t-elle attendu 11 ans pour intervenir militairement à Anjouan ?


SRM - Il fallait juste des hommes comoriens et des nations africaines qui étaient à même de faire preuve de volontarisme et de fermeté pour régler la crise. A un moment donné, j'avais le sentiment que les négociations diplomatiques tournaient au ridicule.

HBC- Pour finir, qu'est ce que vous pensez de la fuite de Mohamed Bacar ?


SRM - Il va de soi que je n'arrive pas à comprendre comment Mohamed Bacar et consorts ont pu fuir. Quand on connait géographiquement Anjouan et la région d'Ouani, en particulier, on est en droit de se demander comment ces gens là ont pu rejoindre facilement Mayotte par mer. Cette fuite a vicié l'opération.

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# Posted on Tuesday, 06 May 2008 at 6:22 AM

Les français sont-ils chez eux aux Comores ?

Les nations qui ont pensées l'Etat de droit ce sont les mêmes qui façonnent le droit international, ils appliquent le premier dans leurs pays car ce sont des nations policées, mais nous opposent le second beaucoup plus barbare et où les théories les plus obscures et les plus séculaires régissent un droit qui est à l'image de notre monde actuel.
Dans l'Etat de droit, la souveraineté nationale est le socle de tout un système élaboré pour garantir l'intégrité et l'identité nationale.
Dans la situation qui nous préoccupe, si la France vise à protéger les cotes de Mayotte conte les assauts des kwassa-kwassa comoriens, elle le fait au nom de l'Etat de droit qui l'autorise à protéger ses frontières nationales quitte a user la force contre ces pauvres gens qui n'ont pas compris le manège politico-judiciaire.
Car il faut bien se le dire, dans les centaines de comoriens qui meurent annuellement en essayant de traverser le bras de mer qui nous sépare de Mayotte, il y a une grande part qui résulte des collisions et des naufrages causés par les puissantes vedettes des gardes cotes françaises.
Quant à l'expulsion des clandestins officieux comoriens par les clandestins officiels français et qui se fait dans la bestialité totale, c'est tout de même l'Etat de droit qui l'oblige, et ce n'est pas les lois qui manquent pour le justifier.
Aujourd'hui l'Etat comorien semble être réveillé de sa longue autarcie et crie à tue-tête l'appartenance de l'île Mayotte aux Comores.
Ce réveil brusque de notre Etat se comprend par une situation conjoncturelle propice.
- Tout d'abord, nous avons le chef d'Etat qui nous semble incorruptible.
- La départementalisation prochaine de Mayotte.
- Et l'implication dévoilée de la France dans ce qui était le séparatisme anjouanais.
Nos revendications sont légitimes personne ne peut le nier, les nations unies, l'union africaine, la ligue des Etats islamiques et la ligue des Etats arabes confirment que Mayotte est comorien, seulement voila, les décisions de ces institutions n'ont pas la force exécutoire, et rien ni personne ne peut obliger la France de faire ce qu'elle ne veut pas faire.
Le droit international est impuissant face à ce genre de situation et la France profite de l'obscurité et de l'inachèvement voulus de ce droit, pour nous opposer la face sombre de celui-ci.
En effet, dans le droit international et contrairement à l'Etat de droit, le vieux adage : « ½il pour ½il » est de rigueur, seule la force justifie la force.
Dans un tel climat, pour qu'un Etat déclare sien un territoire il faut encore qu'il justifie de son effectivité sur ce territoire, voila où nous en sommes.
Aussi longtemps que les nations unies attribueront Mayotte aux Comores, mais c'est à l'Etat comorien d'aller s'implanter physiquement et économiquement sur Mayotte. C'est ce qu'ils appellent '' la théorie de l'effectivité''
Chers compatriotes, ce qui est malhonnête dans cette histoire c'est que dans les dédales de leur droit existe une autre théorie qui beaucoup plus en faveur de notre cause n'est jamais évoquée, pourtant elle a été célèbre et déterminante à l'époque de la décolonisation. C'est la théorie de « l'eau salée » cette théorie a été utilisée pour déloger la France en Algérie alors même que celle-ci était convaincue que l'Algérie faisait partie intégrante de son territoire.
Comment aujourd'hui la France oublie les milliers de kilomètres d'eau salée qui séparent cette île de la métropole?
Comoriens ne soyons pas dupe et ne laissons pas les événements nous prendre en cour, réveillons nous.
Il n'y a aucun droit qui va nous venir en aide, et même s'il en existait un, sachons que la France est passée maître sur ce terrain, et comme le dit ce vieux dicton comorien : « la France sait tirer les ficelles ».
Alors, si aujourd'hui certains de nos compatriotes viennent sur ce blog pour inciter un soulèvement populaire, c'est un point de vue qui se défend car rappelons nous de l'histoire, la France n'a quitté certaines de ses colonies qu'au prix de l'acharnement populaire et aux actions nationalistes ou si ce n'est parfois et hélas qu'au prix du sang.
Revendiquer Mayotte ce n'est pas un luxe que veut s'offrir l'Etat comorien, loin de là, c'est pour la stabilité de notre pays qu'on doit repousser la France hors de nos contrées.
Tout comorien devrait le savoir, mais je le rappelle quand même pour le amnésiques que les milles et un coup d'Etat qui ont endeuillés les Comores ont été tous fomentés à Mayotte. Mayotte a servi aujourd'hui de bastion pour les rebelles anjouanais et qui sait ce qui s'y préparera demain ? Alors ne venaient pas ici nous dire que Sambi devrait s'occuper des problèmes économiques qui laminent le pays et laisser la question de Mayotte alors même qu'à chaque décision de sa part qui viendrait froisser un intérêt français risque de faire tomber sur lui une mort certaine venant de Mayotte.
Et pour les incultes qui soutiennent que l'on devrait laisser les mahorais revendiquer ou non leur appartenance aux Comores, ils citent comme exemple ce qui se passe au Tibet. Sachez que le Dalaï lama et son gouvernement sont en exil hors du Tibet et que les tibétains qui vivent au Tibet sous occupation chinoise ne se font entendre que par les mûrs de leurs maisons si ce n'est de leur prison. Alors comment voulez-vous que les mahorais sous occupation française revendiquent quoi que ce soit si ce n'est leur ration quotidienne. Les quelques intellectuels de cette île sont de toute évidence corrompus et pourris. Le mahorais de la rue est aveuglé par le miroitement kaléidoscopique d'une vie meilleure, et ceux qui se reconnaissent comoriens ne seront jamais entendus.
Par ces quelques développements j'ai tenté de vous démontrer qu'il n'y a pas de droit a l'heure actuelle qui peut résoudre la question de Mayotte, et même si une décision venait de nous donner gain de cause, il n'existe pas une police internationale qui veillerait a l'exécution de cette décision, encore moins l'Etat comorien ne peut aller libérer Mayotte comme il l'a fait avec Anjouan, cela viendrait a dire qu'on a déclaré la guerre à la France, mais comme un malheur ne vient pas seul, n'attendons encore rien de la diplomatie car les enjeux sont forts, sachez que l'art de la diplomatie c'est avant tout l'art des compromis, et les concessions sont très inégalitaires dans notre situation, à titre d'exemple, n'oublions pas que nous sommes dans la zone franc, et que la survie des trois autres îles dépend du bon vouloir de la France, c'est un bon moyen de pression n'est ce pas ? Les calculs sont vite faits, les diplomates sont formés pour ça.
Alors, que ce qu'il nous reste !?

Chers compatriotes, seules les actions populaires et nationalistes planifiées et coordonnées par l'Etat comorien peuvent nous sortir de cette situation. Seul le feu Ali Soilihi l'avait compris, mais malheureusement pour lui, la France ne digère pas bien les chefs d'Etat comoriens qui se permettent de réfléchir.
Rappelons nous ce qui c'est passé dans tous les pays qui ont été occupé dans le passé.
Ne perdons pas de vue le passé pour mieux prévenir l'avenir.
Abdoul-Mounib
Bimbini ANJOUAN-Tribune libre
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# Posted on Monday, 05 May 2008 at 10:32 AM

Polémique autour de la décision des Comores de permettre aux agences de voyage de transporter les Comoriens refoulés de Mayotte

La décision des Comores de lever l'interdiction faite aux agences de voyage de transporter les Comoriens refoulés de l'île française de Mayotte vers les trois autres îles de l'archipel, suscite une vive polémique à Moroni, la capitale comorienne.

Cette décision avait été prise à suite d'une visite aux Comores d'une mission de conjointe de la présidence et ministère français des Affaires étrangères.
« En acceptant que des Comoriens puissent être expulsés de Mayotte en tant que clandestins, Sambi (le président des Comores) et les siens valident l'appartenance de Mayotte à la France » a déclaré M. Idriss Mohamed, porte-parole du comité Maoré, une organisation de la société civile qui se bat pour la réintégration de l'île de Mayotte dans l'ensemble comorien.
Le même responsable propose de poursuivre en justice le président Ahmed Abdallah Sambi pour « haute trahison ». « Sambi a violé son serment sur le Coran de défendre l'intégrité territoriale du pays et devrait donc être poursuivi pour haute trahison nationale » estime M. Mohamed.
IM/mn/APA 05-05-2008
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# Posted on Monday, 05 May 2008 at 10:29 AM

MAYOTTE: REPRISE DES EXPULSIONS

Comme une vulgaire baudruche, le gouvernement de notre pays a encore une fois cédé aux exigences de la France. Pourtant, nous avions tous cru qu'une ère nouvelle allait enfin s'ouvrir et qu'une diplomatie plus ambitieuse et digne d'un pays était née. C'est raté! Il a fallu d'une simple mission QUAI-D'ORSAY/ELYSEE pour nous faire comprendre que notre statut de colonie était toujours valable et que nos dirigeants seraient pour longtemps encore, sous la botte de l'ancienne puissance colonisatrice. En tout cas, au fil des jours, le gouvernement des Comores montre son vrai visage et notamment, ses limites dans le domaine diplomatique. Après avoir affirmé avec force leurs «convictions» sur le dossier mahorais, notre Président et son ami, ministre des relations extérieures viennent encore une fois de profondément nous décevoir. C'est dommage !

En effet, dans son discours prononcé à Mutsamudu pour célébrer la libération d'Anjouan, le RAIS SAMBI nous avait pourtant, redonné l'espoir que le dossier de Mayotte faisait désormais, partie de ses priorités. Ce message fut par la suite relayé par certains membres éminents du gouvernement dont le ministre de l'intérieur et surtout par celui des relations extérieures M. DJAFFAR, lors d'une visite à l'île de la RÉUNION. Sans ambages ni détours, ce cacique du pouvoir, avait rappelé aux journalistes présents, l'appartenance de Mayotte à l'ensemble comorien. De facto, il avait justifié le refus de notre Etat de recevoir les soi-disant «clandestins» en provenance de cette île comorienne. Aujourd'hui, au mépris de la constitution et des multiples résolutions internationales, le Président SAMBI et DJAFFAR ont décidé de faire table rase de ces bonnes résolutions. Tout cela fait désormais partie du passé. Ce revirement inattendu nous semble particulièrement grave et inquiétant.
1°/ En vérité, ce changement de cap à 360°, nous amène à déduire que notre gouvernement n'a pas en matière de politique étrangère, une stratégie définie. Il navigue à vue. Il agit comme une girouette, au gré des éléments météorologiques. Finalement, il a suffit que le secrétaire d'Etat français à l'Outre-Mer, M. JEGO, menace de représailles les COMORES, pour que tout le monde se mette au pas, au garde à vous. De la part de nos dirigeants, cette attitude n'est pas digne et marque encore une fois, leur incapacité à privilégier les intérêts fondamentaux de la nation au delà de toute considération personnelle ou partisane. Encore une fois, l'octroi de quelques milliers d'euros d'aide et la promesse d'une coopération régionale qui n'a jamais vu le jour, a réussi à les convaincre. Il est vrai que la souveraineté nationale ne vaut pas grand chose aux yeux de ces personnes contrairement à ce qu'elles affirment.
2°/ La décision d'autoriser les expulsions de nos concitoyens résidant à Mayotte est une entorse grave à l'article 1er de notre constitution. Par ailleurs, comme l'a affirmé quelques jours auparavant le Minsitre DJAFFAR, les comoriens sont chez eux à Mayotte. En vertu de quelle disposition légale ou réglementaire ose t-il revenir sur la décision initialement prise de refuser leur expulsion ? Cela manque cruellement de cohérence et relève de l'amateurisme pur. C'est ce qu'on appelle de la politique à la petite semaine.
3°/ S'agissant d'une question majeure relative à la souveraineté, pourquoi le Président n'a t-il pas pris le soin de saisir la représentation nationale sur ce sujet d'une importance hautement politique ?
Pour revenir au communiqué diffusé par le ministère comorien des affaires étrangères, les hauts dignitaires du pouvoirs et surtout leurs familles ainsi que les détenteurs de passeports diplomatiques peuvent à souhait, bénéficier de visas pour circuler dans l'espace SHENGEN. Il ne s'agit pas d'une nouveauté puisque nous savons tous que ce fut toujours la règle. Naturellement, aucun visa ne pourra être refusé à ceux qui ont accepté d'être à la solde de la France pour liquider et vendanger les intérêts du pays. Pour ce qui est des hypothétiques visas qui pourraient être accordés aux travailleurs voulant s'expatrier à Mayotte, il ne faut se faire aucune illusion. C'est de la poudre aux yeux. La politique sarkozienne de «l'immigration choisie» va s'appliquer avec toute sa rigueur. Les conditions relatives à l'attribution d'un titre de séjour sont tellement draconiennes et sélectives qu'aucun travailleur comorien ne pourra y répondre. D'ailleurs, comme l'avait souhaité l'ancien préfet de Mayotte, en matière d'emploi, la priorité doit être donnée aux habitants de l'île. C'est une idée phare du Front National français : «LES FRANÇAIS D'ABORD».
C'est donc un marché de dupe. Malheureusement, tous les comoriens sauf SAMBI et son minsitre des affaires extérieures croient encore, en la sincérité de la FRANCE. En tout état de cause, ces accords sont illégaux dans la mesure où, comme nous l'avons indiqué précédemment, ils sont contraires à la loi fondamentale de notre pays.
Cette épisode douloureuse de l'histoire politique de notre nation doit nous interpeller sur les intentions réelles de nos dirigeants à trouver une solution juste et définitive à la question de Mayotte car, on ne peut pas dire une chose et son contraire à la fois.
En effet, nous nous sommes engagés à dire la vérité, toute la vérité aux comoriens et surtout à ceux «d'en bas». Aux comoriens qui sont exclus de tout, qui vivent dans la misère et qui attendent toujours la réalisation des multiples projets qui leur ont été promis. En acceptant l'expulsion de Mayotte de nos concitoyens, l'Etat comorien et au premier chef, son Président, se sont rendus coupables du délit de HAUTE TRAHISON. En agissant de la sorte, Le président SAMBI et son ministre des affaires étrangères se sont octroyés le luxe de piétiner les fondements même de notre constitution qui affirme l'appartenance de Mayotte dans l'ensemble comorien. En effet, les données du problème sont aujourd'hui simples. En autorisant les expulsions, nos responsables politiques entérinent et légitiment la présence française à Mayotte. Nous ne pouvons pas demeurer inértes devant cet état de fait. Le traitement du dossier de Mayotte ne doit pas être l'apanage de SAMBI et de son ministre des affaires étrangères. S'agissant d'une question d'intérêt national, les représentants du peuple doit être obligatoirement consultés. Devant l'empressement manifesté par la France de doter Mayotte du statut de département, il conviendra de saisir rapidement l'Organisation des Nations Unis, l'Union Africaine et la ligue des états arabes dont les COMORES sont membres à part entière.
En attendant que ces diligences soient effectuées, nous demandons au Président SAMBI en qualité de garant des institutions de se conformer à la loi et de revenir sur cette décision sous peine de se rendre coupable du délit de HAUTE TRAHISON. SAMBI ne peut pas se faire le chantre, le grand défenseur de la Justice s'il est le premier à autoriser le piétinement des lois du pays qu'il dirige.
En qualité de citoyens, nous sommes en droit d'exiger des explications claires sur cette décision qui est en contradiction profonde avec les déclarations du RAIS lui-même mais surtout; et c'est cela qui est grave, elle est contraire à notre constitution.
PARIS, LE 3 MAI 2008 / AHMED
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# Posted on Sunday, 04 May 2008 at 10:57 AM

Mayotte ile de la destabilisation politique des Comores

Les relations avec la France peuvent changer dans un sens favorable au pays. Jusqu'au débarquement et particulièrement l'exfiltration de Mohamed Bacar vers Maore et la Réunion, le pays semblait complètement désarmé, obligé d'avaler couleuvres sur couleuvres. Des souvenirs douloureux comme ce vain voyage officiel à Maore destiné à amener la France à appliquer les sanctions de l'Union Africaine contre les personnalités séparatistes, « l'accord du rocher » n'a pas empêché la France de transformer Maore en issue de secours des séparatistes, auteurs de crimes innommables contre la population comorienne. Des souvenirs honteux comme la signature fin 2006 du capitulard document cadre de coopération entre le ministre comorien Jaffar et la ministre française Girardin, document dont nombre de dispositions présupposaient une acceptation implicite de l'appartenance de Mayotte à la France. Eh bien aujourd'hui, les choses ont changé, la population a pris la mesure de la politique inamicale de la France envers les Comores, la non acceptation des expulsions des « clandestins » met la France le dos au mur. Face aux menaces, parfois grotesques comme celle du ministre français de l'outre-mer Jego, quelle va être l'attitude du gouvernement comorien. Capitulation et retour à la case départ comme l'annonce le même Jaffar qui déclare à la radio française RFI que « Mayotte est considérée (je souligne considérée) comme comorienne par la Constitution du pays » pour calmer Jego qui paradoxalement, s'indigne que les comoriens osent réclamer Mayotte !? Ou bien va-t-on assister à un sursaut comorien et voir les dirigeants du pays allier judicieusement la fermeté à la souplesse. La France, telle une bête féroce qui se sent en danger, va sortir dehors toutes ses griffes. Mais il faut que nos dirigeants comprennent que c'est là un signe d'une faiblesse réelle. Il faut donc résister patiemment, laisser passer l'orage et les négociations nécessaires et inévitables s'ouvriront. Mais pour cela, il faut se doter d'une proposition raisonnable de sortie de crise, dans le sillage de l'ouverture prônée par le Comité Maore : UN ETAT DEUX ADMINISTRATIONS, il faut une proposition pour unir le gouvernement, la population comorienne toute entière, pour rallier tous les pays susceptibles de l'être. En tout cas « lever l'interdiction d'expulser les comoriens de Maore » dans le cadre de marchandages, accepter de discuter avec un comité français dite de haut niveau sans aller au fond de la résolution de la question de l'île comorienne de Mayotte sera perçu par le pays comme une haute trahison, constituera une faute lourde dont les Comores ne se sortiront qu'au prix de larmes encore plus amères. Il faut que le Président Sambi comprenne qu'il n'a pas le droit de rater le coche, qu'il doit encore déployer ses talents pour sortir d'une confrontation Comores France pour aller vers des négociations internationales dans le cadre de l'ONU en impliquant l'Union Africaine .
La situation économique
Une embellie incontestable se dessine. Des nouvelles banques ouvrent leurs portes, l'hôtel Itsandra sera bientôt inauguré, les projets Galawa – Maludja comme NyamaUyi prennent petit à petit formes, les routes sont en chantier, même la fourniture d'électricité, tout au moins à Ngazidja, connaît ces derniers jours une nette amélioration. Des questions taraudent pourtant les esprits les plus avertis. Maîtrisons-nous ces investissements ? N'allons-nous pas vivre les mêmes expériences (ou des pires encore) que celles déjà connues à Galawa et ailleurs, des opérateurs économiques étrangers qui viennent s'enrichir et plier bagages quand ils le souhaitent laissant des centaines de gens sur les carreaux sans aucune forme de compensation ? On souhaiterait un peu plus de transparence, une implication plus conséquente des opérateurs comoriens malgré leurs faibles capacités d'investissement. Et puis comment ne pas s'interroger face à des opérateurs étrangers qui s'immiscent aussi ouvertement dans la politique comorienne. Ces immenses affiches, inconnues jusqu'ici dans le pays suscitent les pires inquiétudes : ces investissements sont-ils liés au pouvoir en place ? partiront-ils à la fin du mandat de Sambi ? Une autorisation a-t-elle été demandée pour la pose de ces affiches ? Si oui qui l'a autorisé et sinon comment cela est-il possible que des étrangers, fussent-ils des gros investisseurs, puissent agir ainsi en terrain conquis ? On souhaiterait que les autorités comoriennes soient plus circonspectes, suivent de plus près les agissements des opérateurs, que l'expérience BIC / NICOM nous instruisent.
Enfin, comme l'a souligné avec pertinence le Président de l'Assemblée de l'Union Bounou, le quotidien du comorien de base empire de jour en jour, il faut s'y attaquer. Les investissements sont porteurs d'avenir, ils ne doivent pas faire oublier le présent.
Il s'ensuit que la clarification de la politique d'édification économique devient une nécessité majeure pour éviter les improvisations, déblayer la route et mobiliser les énergies nationales et internationales.

Idriss (28/04/08)
Publié par Idriss Mohamed Chanfi à l'adresse: blogidriss.blogspot.com
# Posted on Saturday, 03 May 2008 at 7:33 AM