Moroni/Paris :Des relations bilatérales au beau fixe

Comores / Diplomatie

Moroni, vendredi 16 mai Alain Joyandet et Ahmed Ben Saïd Jaffar, respectivement secrétaire d'Etat français à la Coopération et à la Francophonie et ministre des Relations extérieures des Comores, ont signé hier peu après 21 heures, deux conventions de financement dites « post conflit et d'urgence ».

La première convention, d'un montant de 410.820.000 FC (835.000 ¤) et la seconde de 147.600.000 FC (300.000 ¤), doivent permettre « la relance rapide de la coopération ». Très précisément, ce financement servira au paiement des arriérés de salaires des agents de l'Etat et autres fonctionnaires civils à Anjouan et au renforcement de l'administration publique dans l'île par l'achat de mobilier de bureau et de matériel informatique.

Dans le communiqué conjoint signé par les deux parties, il a été annoncé « la prochaine réouverture de l'antenne consulaire française sur l'île d'Anjouan », les signataires se félicitant « du climat amical ayant présidé à cette rencontre qui ouvre de nouvelles perspectives pour des relations séculaires entre les deux pays », c'est-à-dire les Comores et la France.

Au sujet des questions brûlantes de l'heure, Mayotte et Mohamed Bacar, le communiqué souligne un examen « de plusieurs sujets d'intérêt commun notamment la question de Mayotte, la circulation des personnes et des biens entre les îles de l'archipel, le traitement réservé aux Comoriens des autres îles à Mayotte ainsi que la demande d'extradition de Mohamed Bacar et ses affidés », prenant bien soin d'omettre l'île comorienne de Mayotte ?

Ce qui aurait paru, peut-être, aux auteurs du communiqué un peu trop pour la partie comorienne car ce serait une reconnaissance de la partie française de l'appartenance de Mayotte à l'ensemble comorien.

Alain Joyandet, selon des sources proches du ministère des Relations extérieures des Comores devait reprendre l'avion aussitôt après, tandis que son collègue de l'Outre-Mer, Yves Jégo quittera Moroni avant la fin de la matinée ce vendredi.

Répondant aux questions des journalistes après la signature des conventions, M. Joyandet a déclaré que la France sait agir dans la durée mais aussi dans l'urgence, non sans rappeler les moments difficiles vécus mais qui relèvent du passé, tandis que son collègue des Relations extérieures comorien, dira que dans l'histoire des relations entre les pays, il arrive des fois qu'on connaisse des hauts et des bas.

L'un et l'autre, certainement, pensaient aux manifestations d'hostilité contre la France vécues à Moroni, Mutsamudu, Fomboni, Dzaoudzi, La Réunion et dans plusieurs villes françaises à forte concentration comorienne après la fuite ou l'exfiltration de Mohamed Bacar dont la France a été soupçonnée d'avoir contribué.

Quelques heures avant l'arrivée à Moroni de la délégation française, les parlementaires comoriens, avec à leur tête le président de l'Assemblée de l'Union, Said Dhoifir Bounou, et celui de l'Assemblée de l'île de Ngazidja, Soudjay Hamadi, sont descendus dans la rue de la capitale pour protester « contre la visite du ministre français des colonies », Yves Jégo.

Dans leur communiqué publié la veille, les élus ont accusé le gouvernement de « haute trahison » pour avoir cédé devant la partie française sur « la question de l'île comorienne de Mayotte » et particulièrement la levée depuis le 1er mai dernier de l'interdiction du transport des ressortissants comoriens expulsés de Mayotte vers les trois îles soeurs.
M. Hassani

160508/mh/hzkpresse/15h00


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# Posted on Monday, 19 May 2008 at 9:21 AM

Question de Mayotte :D'anciens ministres comoriens contre la visite de Jégo à Moroni

Comores / Diaspora
Moroni, vendredi 16 mai 2008 (HZK-Presse) – Visiblement choqués par la tournure pris par les récents événements de Mayotte, Salim Hadji Himidi et Ibrahima Hissani Mfoihaya, deux anciens ministres comoriens vivant en France depuis quelques années, se sont joints aux députés de leur pays pour dénoncer la visite des secrétaires d'Etat français chargés de l'Outre-mer, Yves Jégo, et à la Coopération, Alain Joyandet, arrivés hier jeudi à Moroni pour tenter de relancer la coopération bilatérale et trouver un compromis sur le dossier sensible des expulsions des ressortissants comoriens considérés à Mayotte comme des « immigrés clandestins ».

Dans un communiqué conjoint, les deux personnalités comoriennes qui militent au sein d'associations de la diaspora en faveur de l'unité des Comores, ont demandé au Parlement d'amener le gouvernement du président Sambi à « réinscrire en urgence la question de Mayotte à l'ordre du jour de l'Assemblée générale des Nations unies pour qu'elle soit débattue dès septembre prochain ».

M. Himidi et Mfoihaya soutiennent par ailleurs l'idée d'impliquer immédiatement d'autres organisations internationales, notamment l'Union africaine (UA), la Ligue des Etats arabes et l'Organisation des pays non-alignés, pour les faire « parrainer cette demande », et même d'envisager la saisine éventuelle de la Cour internationale de justice pour statuer sur ce contentieux qui oppose les Comores à l'ancienne puissance colonisatrice sur la revendication comorienne.

Il s'agit, à croire les auteurs du communiqué, de contrecarrer le projet d'organisation vers avril-mai 2009 d'un référendum visant à doter l'île de Mayotte d'un statut définitif de « 5ème département français d'outre-mer », comme l'a confirmé Yves Jégo lui-même à Paris le mois dernier à des élus Mahorais.
El-Had Said Omar

160508/eso/hzkpresse/17h00
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# Posted on Monday, 19 May 2008 at 9:18 AM

La "nouvelle entente" franco-comorienne

La "nouvelle entente" franco-comorienne
La visite d'Yves Jégo et d'Alain Joyandet à Moroni jeudi 15 et vendredi 16 mai devait être historique. C'est en effet la première fois qu'un ministre français se rendait à Moroni après être passé par Mayotte ; c'est également la première fois qu'un ministre français de l'Outremer accompagnait celui de la Coopération dans un Etat indépendant. Mais ce sont surtout les accords pris entre les autorités des deux pays qui resteront –s'ils sont respectés- gravés dans le marbre.

C'est en effet une petite révolution qu'a dévoilé Yves Jégo vendredi 16 mai à son retour à Mayotte après une brève escale à Moroni. Le secrétaire d'Etat à l'Outremer a parlé d'une "nouvelle entente" qui devrait aboutir, début 2009, à la signature d'un accord bilatéral entre les deux pays, ce qui n'était jamais arrivé depuis la proclamation d'indépendance unilatérale d'Ahmad Abdallah en 1975. "Cet accord pourrait être signé dans le cadre d'une visite de Nicolas Sarkozy à Moroni", a annoncé M. Jégo. "On va préparer d'ici le début de l'année prochaine une visite du président Sarkozy à Moroni. En attendant, si l'occasion se présente, les deux chefs d'Etat peuvent se rencontrer à Paris", avait-il précisé quelques heures plus tôt à Moroni.

La signature de cet accord bilatéral ouvrira une nouvelle phase des relations jusqu'à présent très tendues entre les deux pays, pense M. Jégo. "Il s'agit d'une nouvelle relation entre les quatre îles s½urs, afin de trouver la stabilité et sortir d'une logique d'affrontement", a-t-il indiqué. "Cela fait 33 ans que les deux parties tiennent le même discours ; nous devons désormais entamer une nouvelle ère", a-t-il ajouté. Son collègue du gouvernement, Alain Joyandet, avait pour sa part exprimé, la veille à Moroni, sa volonté de concevoir "une coopération qui regroupe les quatre îles de l'archipel. Les échanges entre les îles s½urs doivent être prioritaires. C'est pourquoi, nous avons reçu un mandat des présidents de créer un cadre institutionnel nouveau. Il va y avoir un cadre original car il y a une situation originale".

Si la question de Mayotte a été vite évacuée lors de la rencontre des deux ministres avec le président de l'Union des Comores Ahmed Abdallah Sambi– "nous avons chacun notre position et nous devons la dépasser" a expliqué M. Jégo-, celle de la circulation des personnes entre les Comores indépendante et l'île sous administration française a semble-t-il abouti à un compromis. "Nous avons entendu le message de M. Sambi, selon lequel il doit y avoir une libre circulation, mais nous avons répondu qu'il ne devrait pas y avoir de libre stationnement", a dit le secrétaire d'Etat à l'Outremer. "Les personnes qui voudront venir à Mayotte passer quelques jours pour voir la famille ou pour travailler, le pourront. Mais si c'est pour y vivre, elles devront respecter les règles de la République".

Si ces propos se confirment dans les actes, cela signifiera la fin du fameux visa Balladur, mis en place en 1995 entre les îles de l'archipel et accusé par de nombreux militants d'être à l'origine des milliers de disparitions dans le bras de mer qui sépare Anjouan et Mayotte.

Les échanges commerciaux devraient également être libérés, notamment en ce qui concerne les productions agricoles. M. Joyandet a parlé d'une "zone de libre-échange"...

L'agriculture et la santé sont d'ailleurs les deux grandes priorités de la "nouvelle" coopération franco-comorienne, dont l'objectif est "de tarir les sources de l'immigration clandestine". Un groupe de travail devrait se réunir le 4 juin à Paris afin d'étudier la construction d'une maternité à Anjouan et la mise en place d'un vaste plan de développement agricole, toujours à Anjouan. Ce même 4 juin, un autre groupe de travail, "de haut niveau", se réunira afin d'évoquer la question de Mayotte. Pour la première fois, des élus mahorais y seront associés, ce sous la bénédiction des élus comoriens. Une nouvelle chaudement accueillie par les élus mahorais, mais qui ne satisfait pas tous les dirigeants comoriens. "Sambi a défait l'union sacrée qui s'était tissée autour de lui quand il avait fait interdire les expulsions de ses compatriotes de Mayotte", a dit jeudi soir un député de l'Union proche de la mouvance présidentielle. "C'est une lourde erreur que d'avoir cédé aux pressions de la France pour lever la mesure interdisant l'expulsion des Comoriens de chez eux à Maore", a de son côté dénoncé le Front démocratique dans un communiqué. Certains, à Moroni, parlent de "capitulation" sur la question de Mayotte.

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# Posted on Saturday, 17 May 2008 at 6:47 AM

A Moroni, la "visite du ministre des colonies" indispose

A Moroni, la "visite du ministre des colonies" indispose
Le secrétaire d'Etat français à l'Outremer, Yves Jégo, est arrivé à Moroni jeudi 15 mai en milieu d'après-midi, après une courte escale à Mayotte (lire l'encadré).

Il y a rejoint son homologue chargé de la Coopération, M. Joyandet, afin de prendre part à la première réunion du Groupe de travail de haut niveau (GTHN) entre la France et les Comores. Sa venue a provoqué une manifestation jeudi matin, organisée par les députés de l'Union.

Dans la matinée, plusieurs dizaines de manifestants se sont amassés dans le centre de la capitale pour dénoncer cette visite qualifiée d'"inopportune". Une trentaine de députés de l'Union, dont le président de l'Assemblée, Saïd Dhoifir Bounou, ont manifesté leur hostilité en marchant pacifiquement, depuis l'Assemblée de l'Union, jusqu'à l'Assemblée de l'île de la Grande-Comore, où ils ont improvisé un rassemblement. Alors que des banderoles arboraient des slogans tels que "Non à la visite aux Comores du ministre français des colonies" ou "Non à l'occupation illégale de l'île comorienne de Mayotte par la France", à la tribune, les députés ont lu un communiqué rédigé la veille lors de l'assemblée générale, dans lequel ils condamnent "la décision du gouvernement comorien de lever l'interdiction de refoulement des Comoriens se trouvant à Mayotte" et la visite des deux secrétaires d'Etat français, estimant qu'il s'agit d'une "provocation". En effet, ils n'encaissent pas la présence dans cette délégation d'Yves Jego, qualifié de "ministre des colonies" et à qui les députés reprochent des "propos désobligeants" vis-à-vis des autorités comoriennes tenus avant que Sambi ne rouvre les frontières. Après quelques discours, la foule s'est dispersée aux alentours de midi.

Arrivé vers 16 heures, M. Jégo n'a donc pas assisté à cette manifestation. Dès son arrivée dans la capitale comorienne, Yves Jégo a rejoint son homologue chargé de la Coopération, Alain Joyandet, afin de participer à la première réunion du Groupe de travail de haut niveau (GTHN) entre la France et les Comores. Il a par la suite rencontré le ministre des Relations extérieures, Ahmed Jaffar, puis le président de l'Union des Comores, Ahmed Abdallah Sambi. Outre le cas Bacar, auquel l'Ofpra a refusé l'asile tout en s'opposant à un renvoi aux Comores (lire par ailleurs), les hauts responsables ont évoqué la question des reconduites à la frontière, celle de Mayotte, et celle de la reprise d'une coopération soutenue. Trois conventions devaient être signées hier soir entre la France et les Comores, dont une doit prendre en charge les arriérés des salaires des fonctionnaires comoriens en poste à Anjouan.
# Posted on Friday, 16 May 2008 at 7:20 AM

Comores: des députés manifestent contre la venue d'une délégation française

Comores: des députés manifestent contre la venue d'une délégation française
MORONI, 15 mai 2008 (AFP) - Une trentaine de députés comoriens ont manifesté jeudi à Moroni pour protester contre la venue des secrétaires d'Etat français à l'Outre-mer et à la Coopération prévue dans la journée dans l'archipel, a constaté un journaliste de l'AFP.

Partis du siège du Parlement de l'Union des Comores, les députés, dont le président de l'Assemblée de l'Union Said Dhoifir Bounou, ont défilé dans les rues de la capitale comorienne jusqu'à la place de l'Indépendance. "Non à la visite du ministre français des Colonies" et "Non à l'occupation illégale de l'île comorienne de Mayotte", pouvait-on notamment lire sur les banderoles. Dans un communiqué publié mercredi, le Parlement de l'Union des Comores avait jugé "inopportune" la visite des secrétaires d'Etat français à la Coopération et à la Francophonie Alain Joyandet et celui à l'Outre-mer Alain Jégo. Ancienne colonie française, l'archipel des Comores entretient plusieurs contentieux avec Paris, notamment sur Mayotte - île de l'archipel demeurée française par référendum et revendiquée par Moroni - et plus récemment à propos du sort de l'ex-président de l'île d'Anjouan, Mohamed Bacar. La France a rejeté jeudi une demande d'asile de M. Bacar, mais a aussi refusé de le renvoyer aux Comores en raison de risques de persécution. Mayotte avait décidé de rester française alors que le reste des Comores devenait indépendant en 1975. Elle est devenue une sorte d'Eldorado dans la région attirant les clandestins, dont de nombreux Comoriens. "Le sens de cette manifestation est de montrer à la France et à la communauté internationale que quel que soit le temps passé, l'île de Mayotte est une île comorienne et elle le restera à jamais", a déclaré à l'AFP le député Moumini Abdou. "Nous sommes ici pour l'amour que nous éprouvons pour notre pays", a-t-il poursuivi. MM. Joyandet et Jégo doivent tenir à Moroni la première réunion du Groupe de travail à haut niveau (GTHN) entre la France et les Comores, qui doit notamment examiner les questions liées à la circulation des personnes, en particulier entre Mayotte et les autres îles de l'archipel.
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# Posted on Thursday, 15 May 2008 at 3:33 PM